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politique énergétique

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CONTEXTE ENERGETIQUE INTERNATIONAL

Demande et production : 
évolution globale

Au niveau mondial, la demande en gaz est restée stable en 2025 par rapport à l’année précédente, avec une croissance inférieure à 1 %. Contrairement aux années précédentes, celle-ci a été principalement portée par l'Europe et l'Amérique du Nord, alors que la demande est restée modérée en Asie et a diminué en Eurasie.

Globalement, la demande a été favorisée par une consommation plus importante dans la production d'électricité, pour faire face à la production intermittente d’électricité renouvelable. En outre, les températures hivernales, plus froides que les années précédentes, notamment en Amérique du Nord et en Europe, ont renforcé cette consommation. Quant à l’Asie, la demande en gaz naturel a ralenti pour atteindre son niveau de consommation le plus faible depuis 2022.

En Chine, la faiblesse de la demande, combinée à une augmentation continue de la production nationale de gaz et à une hausse des livraisons de gaz par gazoduc en provenance de Russie, a entraîné une forte baisse des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), lesquels ont chuté de 14 % par rapport à 2024.

Au niveau de la production, les capacités de liquéfaction ont augmenté de +7 % en 2025, pour une grande partie aux Etats-Unis (près de 90 %). Il est à relever que les décisions finales d'investissement (FID) pour des installations de liquéfaction de GNL sont restées très solides avec plus de 90 bcm3 de capacité de liquéfaction approuvés en 2025 (voir graphique ci-après). Il s’agit de la deuxième année la plus importante en termes de décisions d’investissement dans le secteur du GNL, après 2019. Dans ce contexte, les États-Unis ont pris des décisions d’investissement pour plus de 80 bcm de capacité de liquéfaction de GNL.

3Billion cubic meters, approximativement 11 TWh

investissement pour plus de 80 bcm de capacité de liquéfaction de gnl

Le développement soutenu des projets GNL s'est accompagné d'une augmentation des activités de contractualisation dans ce domaine. Des contrats pour plus de 130 bcm par an de GNL ont été signés en 2025, ce qui représente le plus grand volume contractualisé au cours de la dernière décennie.

Le resserrement des fondamentaux de l'offre a exercé une pression à la hausse sur les prix spot du GNL en Asie et sur les prix des hubs européens au cours du premier semestre, avant de s'atténuer au second semestre 2025 grâce à l'amélioration de la disponibilité de l'approvisionnement en GNL.

Aux États-Unis, la forte croissance de la demande a soutenu la reprise des prix par rapport aux niveaux extrêmement bas de 2024. La corrélation entre les prix asiatiques et européens a atteint un nouveau record historique, reflétant la mondialisation croissante des marchés du gaz naturel.

Prix du spot du gaz naturel, 2024-2026

+3 %
+11 %
+2 %
demande en gaz 
en europe
Production d'électricité
par des centrales à gaz
Distributions locales pour
le chauffage

Demande et production : évolution européenne

S’agissant de la demande en gaz en Europe, celle-ci a progressé de +3 % par rapport à l’année précédente. L’augmentation la plus significative provient de la demande pour la production d’électricité par des centrales à gaz (+11 %), suivie par les distributions locales, essentiellement pour le chauffage (+2 %) ;
à noter que le demande des clients industriels est en baisse (-3,0 %).
Une fois de plus, cette année a donc confirmé le rôle majeur de l’infrastructure gazière dans la transition et l’avenir énergétique, notamment pour faire face aux aléas météorologiques, dans les périodes de froid, mais aussi comme source de flexibilité permettant de compenser la forte variabilité de la production d’énergie électrique renouvelable réalisée à partir de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes, grâce à des centrales à gaz.

Il est à relever que la demande en gaz naturel a bondi de plus de 70 % entre le 14 et le 21 novembre 2025. Cette hausse spectaculaire s'explique principalement par une vague de froid intense et précoce qui a touché l'Europe durant cette période, entraînant une explosion des besoins en chauffage. Simultanément, la faible production éolienne observée durant cette période a contraint les gestionnaires de réseau à solliciter davantage les centrales à gaz pour compenser le manque d'énergies renouvelables et stabiliser le mix électrique.

Concernant la provenance du gaz pour l’approvisionnement de l’Europe, 39 % proviennent des importations de GNL (dont 60 % des Etats-Unis), 30 % de la Norvège, alors que l’approvisionnement par la Russie ne s’élève plus qu’à 4 %.

Demande et production: évolution européenne

Les stockages saisonniers de gaz, pièce maîtresse de la sécurité d’approvisionnement de l’Europe, ont joué pleinement leur rôle durant l’année 2025. Le niveau des stockages se situait à 62 % à fin 2025, soit -10,2 % par rapport à fin 2024.

Cette baisse s’explique par le niveau des stockages à la fin de l’hiver 2024/2025, qui se situait à 33,8 %, soit -24,7 % par rapport à la fin de l’hiver précédent.

Malgré des injections légèrement supérieures à la moyenne au cours de la période de remplissage, le pic des stockages a atteint 82,8 % début novembre 2025, soit -12,4 % inférieur au niveau de 2024, mais surtout en deçà de l'objectif de remplissage des stocks de 90 % fixé par l'Union européenne avant le début de l'hiver.

Il est à préciser que les prélèvements sur le début de l’hiver 2025 ont été globalement identiques à la moyenne sur cinq ans et sont restés légèrement inférieurs aux prélèvements effectués au cours de la même période en 2024.

Niveau des stockages de gaz naturelen Europe 2025

Finalement, afin d’éliminer toute importation de gaz naturel en provenance de Russie, le Parlement européen a approuvé, fin 2025, une nouvelle règlementation prévoyant une interdiction progressive. Celle-ci s’appliquera dans un premier temps aux contrats court terme de GNL, puis aux contrats de gaz acheminé par gazoduc, avec une échéance fixée au 30 septembre 2027.

En termes de volumes, GNL et gaz acheminé par gazoduc,
env. 30 bcm (milliard de m³) provenant d’autres sources d’approvisionnement devront donc être contractés afin de couvrir la demande globale de l’Europe, et ce d’ici à fin septembre 2027.

MARCHé GAZIER SUISSE

Nouveau projet de la LApGaz

Un projet révisé de la loi sur l’approvisionnement en gaz (LApGaz) a été mis en consultation par le Conseil fédéral durant le dernier trimestre de 2025. Par rapport au premier projet mis en consultation en 2019, des modifications significatives y ont été apportées.

Le nouveau projet prévoit une ouverture complète du marché du gaz, avec la création d’un responsable de la zone de marché indépendant, financé par les sociétés de transport ; ces dernières ne seront toutefois pas représentées au sein du Conseil d’administration.

Un nouveau modèle d’ «entrée – sortie» permettra l’accès à cette zone de marché suisse ; il intégrera l’artère Transitgas pour les capacités destinées à la Suisse, mais également l’intégralité des capacités de transit. Une libéralisation de la mesure et du comptage complétera le dispositif de ce nouveau modèle.

Aucune disposition n’est prévue pour encourager et soutenir le développement des gaz renouvelables. Dans ce contexte, il est important de relever que les distributeurs gaziers suisses ont intégré dans leur mix, de manière volontaire et sans subvention, plus de 3'200 GWh de gaz renouvelables en 2024. Or, avec le nouveau projet, les installations existantes de production de biométhane se verront pénalisées financièrement pour l’injection de leur gaz renouvelable dans les réseaux.

En termes de sécurité d’approvisionnement, une nouvelle disposition prévoit l’obligation de stockage par les importateurs, ce qui permettrait de maintenir au niveau actuel la sécurité d’approvisionnement en gaz de la Suisse.

Finalement, le principe de subsidiarité, ancré dans la Constitution fédérale suisse, est clairement écarté dans ce projet de loi, pour se concentrer sur des mécanismes de régulation notamment via la nouvelle Commission fédérale de l’énergie (EnCom) et le Conseil fédéral. Cette disposition ne paraît pas être la plus efficiente, alors que l’industrie gazière suisse bénéficie depuis plus de 50 ans d’un savoir-faire et de compétences dans le domaine.

Au terme de la consultation, les premiers échos concernant ce nouveau projet de loi se sont avérés plutôt négatifs parmi les différentes parties prenantes. L’industrie gazière suisse dans son ensemble a quant à elle rejeté ce projet, en raison notamment d’une volonté de surrégulation et d’une absence de vision à long terme pour les gaz renouvelables ainsi que pour son infrastructure gazière.

Opération de pistonnage au poste de détente et comptage de Tolochenaz

Sécurité de l’approvisionnement du gaz en Suisse

Au vu d’un marché du gaz toujours quelque peu tendu en 2025, le Conseil fédéral a décidé de prolonger l’ordonnance prévoyant la surveillance du secteur gazier afin de garantir l’approvisionnement du pays jusqu’à fin 2030. Cette ordonnance a notamment contribué à la mise en place de l’Organisation d’intervention en cas de crise (OIC Gaz) par l’Association suisse de l’Industrie gazière (ASIG), mais aussi au développement d’un système de monitoring du secteur gazier par le domaine Energie de l’Approvisionnement économique du pays (AEP).

Le Conseil fédéral a aussi décidé de prolonger l’ordonnance sur la garantie des capacités de livraison en cas de pénurie grave de gaz naturel jusqu’au 30 septembre 2028. Celle-ci règle notamment l’obligation faite aux gestionnaires régionaux de réseau de gaz en Suisse de détenir des réserves de gaz hivernales correspondant à 15 % de la consommation annuelle moyenne de gaz naturel. Cette mesure permet ainsi à la Suisse de continuer à participer de manière solidaire au remplissage des stockages de gaz en Europe.

Dans un but de rendre l’AEP plus apte à relever les défis actuels et de le renforcer en prévision de futures crises, le Conseil fédéral a approuvé le projet de révision de la loi sur l’approvisionnement du pays (LAP) en novembre 2025. Celui-ci doit toutefois encore être traité par les Chambres fédérales en 2026.

La prolongation de ces deux ordonnances de même que la révision de la loi LAP sur l’approvisionnement du pays, permettent ainsi de renforcer la sécurité d’approvisionnement en gaz de la Suisse, dans un contexte géopolitique toujours incertain.

Sécurité informatique et technologique

En parallèle de la mise en œuvre prévue jusqu’en 2027 des normes TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) applicables aux infrastructures critiques telles que celles exploitées par Gaznat, le Conseil fédéral a décidé de promulguer dès avril 2025 l’obligation de signaler toute cyberattaques contre de telles infrastructures auprès de l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS).

Stockage de l’énergie

En ce qui concerne la réserve d’hiver pour la production électrique, le Conseil fédéral a prolongé l’ordonnance jusqu’à fin 2030, permettant ainsi de reconduire les contrats des centrales de réserve existantes, notamment celles de Monthey et de Cornaux, jusqu’à l’entrée en vigueur des dispositions relatives à la réserve thermique figurant dans la loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEl). Cette décision démontre le rôle essentiel que joue l’infrastructure gazière, tant en matière de convergences des réseaux que dans le cadre de la transition énergétique.

Un des enjeux phares de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération est incontestablement celui du stockage de l’énergie, sous toutes ses formes et pour des échelles de temps allant de la minute à plusieurs mois. A ce titre, la Confédération a mis en place un groupe de travail, auquel Gaznat est partie prenante, pour élaborer cette stratégie de stockage de l’énergie. Initialement prévue pour fin 2025, sa publication est planifiée pour fin 2026. Gaznat reste persuadée que son projet de stockage de gaz en cavités rocheuses - stockage LRC (Lined Rock Caverne) permettrait de contribuer aux défis posés par ces questions de stockage d’énergie sur le territoire national.